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La Patagonie, notre escale glacée au bout du monde

La Patagonie, notre escale glacée au bout du monde Posted on décembre 20198 commentaires
Apprentis "tour du mondistes", en voyage de l'autre côté de la planète pendant 6 mois. Au travers de ce blog, on espère pourvoir partager un peu de notre aventure et vous avoir un peu avec nous tout au long du voyage.

À chaque semaine en Argentine sa destination. Cette fois-ci, nous partons pour la Patagonie, à plus de 2760km de Buenos Aires. Cette région est, pour nous, un peu synonyme de bout du monde. Le territoire compte moins d’un habitant au kilomètre carré et fascine par ses grands espaces et sa diversité, la beauté de la nature et la richesse des animaux qu’elle abrite. Cette semaine va nous permettre d’approcher le majestueux Perito Moreno, mais également de randonner sur les mythiques sentiers du Fitz Roy à El Chalten. 

Je pense que je ne prends pas trop de risques en disant que nous attendions cette semaine avec impatience. Avant de partir, dès qu’on évoquait l’Argentine, on nous parlait systématiquement… du Perito Moreno. Un peu comme le Machu Picchu au Pérou, c’était un rendez-vous qu’il était impossible de manquer. 

Le Perito Moreno, rencontre avec un monstre de glace

Quand on découvre la Patagonie, le Perito Moreno est un peu le clou du spectacle. Ce glacier (du nom d’un explorateur qui a arpenté la Patagonie mais n’a jamais vu le glacier portant son nom) est le plus spectaculaire des glaciers andins. C’est également le plus facile d’accès. Depuis El Calafate, il faut un peu moins d’une heure et demie pour commencer à l’apercevoir. 

Avec ses 14km de long et ses 4km de large, ce monstre de glace a la même envergure que les villes de Madrid ou Buenos Aires ! Il culmine à 50-60m au dessus du lac mais cela ne représente qu’une infime partie de sa hauteur totale. Il est difficile d’imaginer qu’il y a encore plus de 130 mètres enfouis sous l’eau. 

Classé au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, c’est un des glaciers les plus vivants du monde. L’eau, qui s’écoule en permanence sous la glace, contribue à son déplacement d’environ 2 mètres par jour. Une vraie force de la nature ! Le glacier avance, mais sa taille n’augmente pas. Tous les jours, des énormes blocs de glace se détachent du mastodonte avec fracas. Un spectacle grandiose pour les yeux et les oreilles. 

À l’assaut du glacier comme des explorateurs 

Avant de commencer notre excursion, nous nous étions un peu renseignés sur les activités possibles autour du glacier. La veille, sur les conseils de la gérante de notre hôtel, on s’était laissés séduire par le mini-trekking, une marche d’environ 2h sur le glacier. 
Nous voilà donc, en randonneurs aguerris, prêts à affronter le froid polaire et le Perito Moreno. On était tellement bien préparés qu’on a du louer presque l’intégralité de l’équipement dans une boutique spécialisée d’El Calafate… Ça commence bien ! 

L’excursion débute par une petite balade en bateau d’une vingtaine de minutes pour atteindre la rive sud du glacier. On est face à un mur bleu, et rien que cette partie de la visite est déjà extraordinaire. 

Quelques minutes après avoir quitté l’embarcation, on a les yeux rivés sur le glacier. On entend craquer et un énorme morceau de glace s’effondre provoquant un petit raz de marée. Du même coup, notre bateau est obligé de s’éloigner du quai.  Notre guide nous dit que c’est un des plus gros morceaux qu’elle ait vu tomber. On reste sans voix, on n’en espérait pas tant ! 

On se dirige vers le pied du glacier, là où débute réellement la randonnée. Sécurité oblige, on enfile les crampons et le casque de protection. Heureusement que le ridicule ne tue pas ! 

La marche dure un peu plus d’1h30 au travers de paysages complètement lunaires entre des trous d’eau bleu turquoise et des dunes de glace à perte de vue. Sous nos pieds, ça craque, ça résonne. L’eau coule et s’infiltre dans chaque brèche. 

L’expérience est incroyable mais malheureusement, dans ce genre d’activité, il y a beaucoup trop de monde. On est souvent ralentis par les autres membres du groupe qui prennent des photos, ou gênés par ceux qui parlent trop fort. C’est dommage car, vu d’en haut, le glacier a quelque chose de magique. 

En tête à tête avec le Perito Moreno 

Il est 17h quand on rentre de notre excursion. Le parc ferme ses portes à 20h, alors on a encore un petit peu de temps pour admirer le glacier. Un ingénieux système de passerelles permet de lui faire face et de s’en approcher de très près. On s’y rend presque en courant tellement on a hâte (il fait aussi très très froid alors ça réchauffe un peu !) 

Il grince, craque, gronde, résonne. Il a l’air solide mais en même temps tellement fragile. Difficile de rester insensible devant un tel spectacle et une telle beauté. On est gelés mais impossible de partir. À chaque craquement, on attend qu’un bloc se détache, et à chaque rayon de soleil, une lumière bleue se diffuse dans tout le glacier. C’est magique. 

Comme pour tous ces lieux extraordinaires qu’on a pu voir pendant le voyage, les photos parlent beaucoup plus que les mots. Une nouvelle fois, on espère qu’elles retranscriront un petit peu les émotions qu’on a ressenties ce jour-là. 

El Chalten, le paradis du randonneur 

Pour le reste de notre semaine en Patagonie, on s’arrête quelques jours à El Chalten, à seulement 3h en bus d’El Calafate et au pied du mythique Fitz Roy. Si El Calafate attire les touristes du monde entier, El Chalten, village de 1500 âmes, est davantage fréquenté par les amateurs de trek ou d’alpinisme : tout à fait nous ! C’est d’ici que partent de nombreuses randonnées pour le Cerro Torre ou le célèbre Fitz Roy. 

Dès notre arrivée, notre hôte nous détaille les différentes marches et surtout leur degré de difficulté. Il est déjà 17h, mais puisque le soleil se couche à 22h ici, on se décide à partir pour une petite randonnée de trois heures. Une mise en jambe pour la journée du lendemain et les 20km aller-retour jusqu’à la Laguna Torre. 

Le lendemain, la journée est ensoleillée. On a vraiment beaucoup de chance puisque, pas plus tard que la veille, la météo annonçait de la pluie toute la semaine. Dès le début de la rando, on fait la rencontre d’Arnaud avec qui on passe la journée. C’est fou comme les contacts se nouent beaucoup plus facilement en voyage.

Contrairement à nous, Arnaud est un vrai sportif ! Le but de son voyage est d’ailleurs de remonter la Patagonie jusqu’à Mendoza, où il va tenter l’ascension de l’Aconcagua : le sommet le plus haut des Andes (6900m). À côté, on est de vrais petits randonneurs du dimanche. Tout au long de la marche, les paysages sont magnifiques. On aperçoit même le Cerro Torre entre deux nuages. Arrivés à la Laguna Torre, on fait une petite pause dej. Le vent souffle fort mais notre pique nique offre une vue assez exceptionnelle sur les glaciers.

Malheureusement, le Fitz Roy, lui, reste caché dans son manteau de nuages. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle « la montagne qui fume ». On ne le sait pas encore mais on le verra le lendemain sous un grand soleil, juste avant de repartir.

8 commentaire(s)

  1. Superbes photos! Bien que le texte soit très bien écrit ( bravo Leslie), les photos du glacier sont vraiment beaucoup plus parlantes. Très impressionnant ! Vous avez bien fait de prévoir la Patagonie dans votre aventure. Bises.

  2. Inutile de parler des photos et du texte. Tout a été dit .
    Je voudrais juste vous féliciter pour vos prouesses sportives. Vous m’épatez tous les deux et vous avez des ressources que je ne soupçonnais pas

  3. Vous faites de véritables globe-trottrers mais …. attention … j’en connais qui s’entraine pour vous rejoindre et
    profiter de ces décors grandioses.

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